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OBSERVATOIRE

PROSPECTIVES ET TENDANCES SOCIETALES

Actualités Optens
octobre 2021
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L'info sociétale du mois
A qui la charge de l'éducation financière des jeunes générations ?
 

Ces derniers temps, le concept d'éducation financière a été au centre de bon nombre d'initiatives des acteurs financiers ou institutionnels. De la semaine de l'éducation financière orchestrée en France au mois de mars par la Banque De France, aux plus récents appels de phare de néo-banques (Kard, Pixpay, Xaalys), la question du savoir-être ou du savoir-faire en ce qui concerne la gestion de l'argent au quotidien a irrigué tout un secteur. Il est possible de regarder cela comme le reflet d'un retour à un certain hygiénisme depuis quelques années (savoir manger, savoir se dépenser), phénomène amplifié par la crise sanitaire avec les contraintes que l'on connait et la dominance des obligations de santé sur nos habitudes sociales. Si bon nombre d'acteurs se sont largement emparés du sujet, c'est aussi pour le potentiel de conquête et de rétention autour des jeunes générations. Il faut dire qu'elles représentent une fenêtre pour distiller dès le plus jeune âge de solides habitudes d'épargne et de gestion au quotidien. D'autres y verront également un solide alibi pour approcher des segments enfants / adolescents peu accessibles, les pratiques marketing autour de ces derniers étant souvent pointées du doigt, notamment lorsqu'il faut parler d'argent. 


Les enjeux pour les acteurs de la banque et de l'assurance


Si l'éducation financière est aujourd’hui d'actualité, la question se pose de savoir qui doit en avoir la charge. Lorsque l'on évoque la notion d'éducation, nous pensons évidemment à l'école mais aussi à la famille qui sont les deux entités sociales légitimes à apporter connaissances, savoir-être et à développer un cadre qui permettra à l'enfant d'acquérir de solides bases pour son passage à l'âge adulte. Si la finance est le jardin des acteurs bancaires, quel doit donc être leur rôle dans l'éducation et comment pourraient-ils travailler de concert avec les autres composantes éducatives, à savoir l'école ou la famille ? 




S'il existe une catégorie d'acteurs qui a tenté d'apporter une réponse ces derniers mois, c'est bien celle des néo-banques dédiées aux jeunes. Ces dernières ont ainsi profité de la semaine de l'éducation financière qui a eu lieu du 22 au 28 mars, dans le cadre de la "Global Money Week", pour se positionner sur le sujet et poursuivre leurs initiatives en ce sens.

Des acteurs tels que Kard ou encore Pixpay se sont ainsi engagés pour l'apprentissage de la gestion de l'argent à l'école.  Xaalys, de son côté, avait noué un partenariat avec le portail "La Finance Pour Tous" agréé par le ministère de l’Éducation nationale.

Les établissements financiers ont ainsi tout intérêt à persévérer sur l'angle pédagogique, le marché bancaire s'étant ouvert depuis quelques temps sur les jeunes. Alors que l'argent reste un sujet tabou, la compétence pédagogique mise en avant par les néo-banques reste une façon incontournable de se légitimer auprès des parents. Par ailleurs, la multiplication de solutions de consommation facilitatrices ces derniers mois (explosion du BNPL, solutions locatives, économie de l'abonnement,..) pousse à penser que la pédagogie autour de ces nouvelles solutions est primordiale.


Les perspectives d'évolution

- L'intégration à terme de nouveaux apprentissages liés au savoir-être et au savoir-faire financier au sein des écoles. La possibilité pour les acteurs de la finance de disposer d'une tribune au sein du parcours scolaire (école primaire, collège) et de participer in situ à cet apprentissage.
- Le développement du principe d'éducation financière permanente au sein du cadre privé avec soit le développement du modèle "néo-banque pour adolescents" qui deviendrait incontournable, ou soit un pas en avant de la part des banques traditionnelles qui pourraient s'emparer du sujet (mise en lumière d'offres dédiées, création d'une marque spécialisée ado, partenariats stratégiques forts,...). Nous pouvons imaginer également que les campagnes de communication ciblées dans les médias autour de cette thématique devraient se multiplier ces prochains mois.


Les acteurs à suivre sur la thématique


Xaalys -
La néo-banque s'appuie sur son partenariat avec Kidlee pour renforcer sa présence sur la thématique éducative. Kidlee a donc ouvert son blog à Xaalys qui explique comment elle souhaite "accompagner les enfants vers l'éducation financière" avec la méthode du smart-babysitting basée sur l'éducation. Elle consiste à accompagner l’enfant dans son évolution quotidienne en stimulant son éveil, son développement et son apprentissage.
La plateforme Kidlee met ainsi en relation les familles avec le formateur le plus adapté à leurs critères de recherche - musique, anglais, théâtre, dessin, chant, ou encore visite au musée. Pour aller plus loin

Kard - La néo-banque pour adolescents Kard a multiplié les articles sur son blog afin d'expliquer sa mission éducative auprès de son public cible, exprimant ainsi son engagement fort envers cette cause. Son positionnement est d'ailleurs ouvertement tourné vers l'éducation financière : "Apprenez à votre enfant la valeur de l'argent". Pour aller plus loin






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Les réponses marquantes des acteurs aux enjeux sociétaux
Les enjeux sociétaux du moment
 

Ce mois-ci, la thématique de l'inclusion bancaire a été largement mise au devant de la scène et nous reviendrons ainsi sur plusieurs initiatives menées par des acteurs bancaires qui ont choisi de recentrer leur communication sur ce sujet, bien que déjà actifs depuis plusieurs années. Il faut dire que les temps sont à la caution éthique pour les consommateurs et les marques financières comme généralistes ont tout intérêt à marcher dans le sens d'une société qui se veut plus intégratrice, ou tout intérêt à en être les moteurs.

La santé en entreprise est l'autre sujet du moment, poussé par l'actualité de la crise pandémique et les réorganisations nécessaires liées au télétravail. Un acteur est d'ailleurs en train de se faire une place de choix dans ce domaine, il s'agit d'Alan qui vient d'apporter une réponse sur la problématique de la santé mentale en entreprise. Preuve que ce sujet est au centre de l'intérêt, le président Macron a annoncé le mardi 28 septembre, aux  Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, le remboursement des consultations de psychologues pour tous et la création de 800 postes supplémentaires au sein des centres médico-psychologiques (CMP).

Renforcer son engagement pour l’inclusion bancaire
 

Multi-acteurs - France

Dix acteurs (dont la Banque Postale, la Caisse d'Épargne, le Crédit Agricole) engagés dans l’inclusion bancaire ont complété leur dispositif de soutien aux publics en difficulté financière avec l’application Pilote Dépenses. Cette application a vocation à s'adresser à tout un chacun et propose des liens et ressources sur les droits et aides sociales. Elle s'adresse aussi aux professionnels et bénévoles qui peuvent utiliser cet outil de façon pédagogique, dans le cadre d'un accompagnement budgétaire. Elle fait suite à une première application lancée par les mêmes acteurs et nommée "Pilote Budget" qui permet quant à elle de calculer son " reste à vivre ", c'est-à-dire l'argent disponible après avoir déduit les charges fixes de son revenu. Ces innovations font écho à un climat économique et budgétaire de plus en plus morose pour les Français qui voient leurs dépenses contraintes augmenter. Ainsi, France Stratégie a publié ce mois-ci des chiffres qui montrent que la part des dépenses contraintes pour les ménages les plus pauvres est passée de 31 % à 41 % de 2001 à 2017. Les prévisions pessimistes concernant la hausse du prix du gaz et corollairement, celle du prix de l'électricité, pourraient justifier encore davantage les initiatives acteurs autour de la gestion budgétaire.


Mastercard et Paycode - Afrique

Le géant américain Mastercard s’est associé avec Paycode, fintech africaine spécialisée dans les services financiers de proximité, afin d’améliorer l’accès aux services financiers auprès de communautés non bancarisées.
Selon les deux acteurs, 57 % de la population de l'Afrique subsaharienne est non bancarisée et 60 % du continent ne dispose pas de connexion Internet, ce qui empêche ces personnes d'accéder aux aides publiques et aux services financiers de base. Pour répondre à cette problématique, les deux acteurs proposent une carte biométrique qui permettra d'accroître l'accès aux services essentiels et de faire progresser l'inclusion économique des personnes vivant dans des communautés isolées.
Ainsi, les utilisateurs peuvent accéder aux services financiers même hors ligne et en temps réel, grâce à la technologie de Mastercard Community Pass, permettant l’identification biométrique des personnes (reconnaissance faciale ou empreinte digitale). Concrètement, grâce à leur carte biométrique Community Pass, les utilisateurs peuvent accéder à la plateforme technologique de Paycode, permettant d’envoyer et de recevoir des fonds.
L'objectif de ce partenariat est de servir 30 millions de personnes vivant dans des zones reculées et non connectées d'Afrique au cours des trois prochaines années, en leur permettant d'accéder à des produits et services financiers de base. Cet objectif ambitieux est une preuve de l’engagement croissant de ce géant du paiement dans sa démarche d’inclusion financière auprès de populations mal desservies. 



Apporter une réponse aux problématiques de santé et de bien-être des salariés en entreprise
 

Alan - France

Le néo-assureur français Alan a lancé un nouveau service qui le rapproche toujours plus de son objectif, à savoir devenir une application complète en matière de santé. Baptisée Alan Mind, cette solution est dédiée à la santé mentale des collaborateurs en entreprise.
Ce lancement fait suite au rachat, au printemps dernier, d’une application mobile américaine, Jour, qui accompagne plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs à travers le monde pour améliorer leur bien-être psychologique.

Ce service se veut complet, "permettant une prise en charge complète, de la prévention à la prise en charge psychologique". Il a été fondé sur trois piliers :

- Du contenu pédagogique ciblé ainsi que des techniques issues de thérapies comportementales et cognitives

- Une mise en relation avec le psychologue adapté, allant jusqu’à quatre consultations individuelles prises en charge par l’employeur

- L'accompagnement des entreprises via des reportings anonymes et un suivi régulier, dont l’objectif est d’identifier des thématiques spécifiques à chaque organisation et ainsi mettre en place des ateliers de prévention en entreprise.

Cette initiative est une juste réponse à la question du bien-être des salariés en entreprise, un sujet qui reste brûlant depuis les diverses réorganisations nécessaires suite à la crise sanitaire et l'usage du télétravail. Par ailleurs, la quête de bien-être est devenue centrale pour bien des consommateurs qui ont besoin de repère et d’apaisement après bon nombre d'années de crise et d'incertitude (économique, climatique).




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Les signaux faibles
Le luxe d'occasion se prépare à briller
 

A Bordeaux, le premier magasin Everso a vu le jour le 26 mars 2021. C’est l’enseigne Easy Cash, partenaire de Floa Bank, qui a décidé de lancer le concept qui sera dédié à la vente de produits de luxe d'occasion. Everso reprend tous les codes d’une boutique "premium" de centre-ville, avec mobilier en bois recyclé et éclairage soigné. Pour rappel, Easy Cash pilote un réseau de 120 magasins d'achat/vente, surtout situés en périphérie et zones d’activités. Son objectif est d’ouvrir une cinquantaine de nouvelles adresses d’ici 2025. L’entreprise, qui a noué un partenariat avec Cora pour ouvrir des corners dans ses supermarchés, a généré 170 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020.




Ces initiatives fleurissent, en écho à la tendance du "seconde main" et au succès de Vinted ou de Vestiaire Collective. Cette dernière startup, justement spécialisée sur le luxe d'occasion, a d'ailleurs levé 178 millions d'euros auprès de Kering notamment, groupe de luxe du milliardaire français François-Henri Pinault.


Impacts potentiels pour les acteurs financiers


- Le développement de ce marché du luxe d'occasion offre des opportunités  aux sociétés de crédit qui peuvent chercher de nouveaux partenariats stratégiques pour distribuer de nouvelles offres de financement (Crédit, BNPL,...)
- Des opportunités s'offrent également autour de l'assurance de biens de "seconde main" avec des solutions affinitaires clé en main.


Le NFT, game-changer sur les marchés des biens et du digital
 

Les NFT, ou jetons non fongibles, ont rendu possible la monétisation de gifs viraux, d'œuvres d'art 100 % virtuelles ou encore des vidéos des meilleures actions des joueurs de basket de la NBA. McDonald’s France par exemple, a annoncé sa propre collection d’œuvres d’arts numériques uniques en collaboration avec l’une de ses agences partenaires en France, DDB Paris.
Les NFT ou “non-fungible token” sont des jetons virtuels, cryptographiques et uniques permettant d’acheter ou de vendre des œuvres d’arts ou encore des biens entièrement numériques. Une véritable opportunité pour de nombreux artistes qui y voient un moyen de valoriser leurs projets, mais aussi pour le secteur de la publicité. Au-delà du cryptage des biens numériques et des médias, un autre cas d’utilisation émergent des NFT est aussi l’authentification de l’accès aux expériences numériques, rendant chaque invitation à accéder à une expérience unique et non interchangeable.




Impact potentiel pour les acteurs financiers


- Un potentiel pour repenser l'expérience numérique des utilisateurs, clients bancaires et assurés. Nous pouvons imaginer des rendez-vous client en ligne "tokenisés" pour donner toujours plus de sens à la relation client, ou encore améliorer, par ce biais, la sécurité autour des espaces digitaux destinés à l'utilisateur

- La possibilité d'améliorer le suivi du client avec une meilleure identification de la data tout au long des process digitaux (contexte de consommation, relation client,...)

- La création d'une banque des biens "tokenisés" ou d'une fonctionnalité de sous-compte dédié

- Enfin, la question de l'assurance de bien "tokenisés" se pose notamment lorsque l'on sait que les risques cyber représentent un risque prégnant dans un environnement digital.


 
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